L’Afrique, nouvel eldorado de l’écosystème des start-up

Par CHRISTOPHE GREUET | Publié le

OXFAM/SVEN TORFINN

Initié il y a dix ans avec la popularisation des smartphones, le secteur de l’innovation en Afrique est plus que jamais dynamique. Au point que plusieurs start-up et structures régionales s’y exportent.

Loin des campus design des États-Unis et des innombrables incubateurs d’Europe, un autre continent se détache aujourd’hui comme terre promise des start-up : l’Afrique. Le dynamisme de son écosystème de jeunes pousses innovantes a surpris beaucoup de professionnels. Au point que de plus en plus en plus de start-up et structures d’accompagnement commencent à s’y exporter, afin de se positionner sur ce marché émergeant. Une tendance également constatée en Occitanie, où plusieurs initiatives viennent d’être mises en place en ce sens.

Le téléphone mobile comme catalyseur

“L’émergence de l’Afrique dans le monde de l’innovation n’est en rien comparable à celle des États-Unis par exemple, précise le consultant spécialisé marseillais Samir Abdelkrim, qui est l’auteur de “Startup Lions”, l’ouvrage de référence sur “l’African Tech”. À la différence de la Silicon Valley, créée dans les années 1950, l’explosion de la tech africaine ne date que de la fin des années 90, lorsque le téléphone mobile a commencé à se populariser en Afrique.” Le continent, qui n’a jamais adopté le téléphone fixe, possède aujourd’hui un taux de pénétration du mobile bien supérieur à 100 %, avec “jusqu’à trois ou quatre portables par personne”.

C’est le cas du Montpelliérain Anass El Hilal, fondateur de la start-up médicale MedTrucks, incubée aujourd’hui au BIC. En 2015, alors que sa société est à l’état de projet, il est accueilli à l’accélérateur dédié à l’innovation sociale Espace Bidaya, basé à Casablanca. Il y constate un réel dynamisme du secteur, mais aussi le manque cruel de structures de soutien. “Les grands groupes marocains ne croient pas beaucoup dans l’innovation, il faut donc leur prouver son intérêt pour eux, note Anass El Hilal. De plus, le pays manque cruellement d’acteurs qui accompagnent les projets à leurs débuts, ce qui entraîne une forte mortalité des nouvelles start-up”.

De son côté, l’association régionale d’entrepreneurs Leader Occitaniea lancé fin juin sa branche marocaine, en partenariat avec la Région Occitanie. L’objectif : “Aider les entreprises et start-up régionales présentes au Maroc à s’y connecter à l’écosystème local”, précise son président Jalil Benabdillah. 130 sociétés régionales ont déjà été identifiées dans ce cas, dont un tiers dans le secteur de l’aérospatiale.

Autre initiative : la création d’une antenne et d’un événement à Casablanca par l’IDATE Digiworld. Le cabinet de consulting tech montpelliérain souhaite s’implanter dans d’autres pays d’Afrique, pour accompagner “le dynamisme de l’innovation en Afrique, à l’origine de fortes transformations dans le digital”, souligne Jacques Moulin, son directeur général
CHRISTOPHE GREUET

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